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  • admin
  • 17 mars 2026
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Kinshasa : La Mobilité urbaine, une bombe à retardement pour la sûreté nationale

Le diagnostic révèle une asphyxie programmée. Avec une population estimée à 15 millions d’habitants, Kinshasa est devenue une mégapole où le mouvement est une lutte. L’absence d’un système de transport public structuré n’est plus seulement une défaillance logistique ; c’est une faille sécuritaire majeure, selon les observateurs.

Le monopole de fait détenu par les opérateurs privés place le gouvernement dans une position de vulnérabilité constante. Lorsque des particuliers peuvent, par un simple mot d’ordre, paralyser l’activité économique et administrative de la capitale, ils ne gèrent plus du transport, ils détiennent un levier de chantage politique. En RDC, le secteur privé ,bien qu’indispensable aujourd hui, opère en dehors de tout contrôle réel :

* anarchie tarifaire : malgré les arrêtés provinciaux, les transporteurs imposent leurs prix, rognant le pouvoir d’achat déjà précaire des ménages ;
* Risque de tension sociale : la frustration accumulée aux arrêts de bus, sous la chaleur ou la pluie, crée un terrain fertile pour la colère populaire .Une simple augmentation du carburant ou une grève des transporteurs peut devenir l’étincelle d’un soulèvement incontrôlable.
* Infiltration et sûreté : l’absence d’identification des conducteurs et des véhicules facilite la criminalité urbaine comme le phénomène kidnapping et l’infiltration, rendant la ville difficilement maillable par les services de sécurité.

La société publique TRANSCO, bien qu’existante, ne remplit pas sa mission de régulation par l’offre.
Sous-équipée et confrontée à des défis de maintenance chroniques, elle ne dessert qu’une infime partie de la demande. Ce déficit laisse le champ libre aux « 207, ketsch et wewa » et autres véhicules de fortune, transformant le trajet quotidien du kinois en un parcours humiliant et dangereux.

Pour désamorcer cette crise, le transport doit être requalifié en secteur de souveraineté. L’Etat ne doit plus simplement accompagner, il doit commander.
Continuer à ignorer l’anarchie du secteur, c’est accepter que des acteurs non étatiques contrôlent le rythme cardiaque de la capitale. L’organisation d’un transport public fort, multimodal et numérisé n’est pas un luxe mais une urgence de salut public.

Editorial de Jacques KALONJI DIKU

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