- admin
- 15 juillet 2026
- No Comments
LES ÉTATS UNIS APPELLENT LES ÉTATS À SE RETIRER DE LA CPI
Le conflit au Moyen-Orient n’est pas encore à son terme que les États-Unis s’engagent dans une offensive majeure contre la Cour pénale internationale (CPI). Cette escalade a été officialisée par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, via une intervention vidéo sur le réseau social X, et un communiqué du département d’État le lundi 13 juillet 2026.
Dans ses déclarations, Marco Rubio a accusé la CPI de mener une « guerre » juridique contre les États-Unis en s’appuyant sur les mécanismes du droit international. Selon lui, la Cour constitue une menace grandissante pour le système politique et juridique américain, exposant les citoyens des États-Unis à des poursuites engagées par « des juges étrangers » pour avoir défendu leur pays.
Dans la foulée, le département d’État a indiqué étudier un large éventail de mesures contre la CPI et ses organisations affiliées. Parmi les options envisagées figurent des interdictions de voyage, des révocations de visas ainsi qu’un renforcement des sanctions existantes.
Washington entend également intensifier ses démarches auprès de ses partenaires étrangers. Il invite les pays qui, à l’image des États-Unis, ne sont pas membres de la juridiction internationale à mobiliser leurs réseaux diplomatiques afin d’adopter des mesures similaires.

Cette offensive américaine survient alors que la CPI perd de plus en plus sa crédibilité sur le plan international, notamment sur le continent africain. En Afrique, certains pays l’accusent déjà de souffrir d’un sérieux déficit de légitimité en raison d’un biais géographique perçu. En effet, pendant ses premières décennies, la quasi-totalité des enquêtes ouvertes par la Cour ciblaient des dirigeants ou des seigneurs de guerre africains. Cela a nourri le narratif d’une « justice de Blancs pour poursuivre les Africains ».
D’où un rejet de type néocolonial de plus en plus assumé : le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont officiellement formalisé leur retrait de la CPI. À l’instar des nouvelles positions défendues par Washington, ces États sahéliens qualifient désormais ouvertement l’institution d’« instrument de répression » au service des intérêts des puissances occidentales.
Face à la double pression de Washington et du bloc sahélien, la CPI traverse la pire crise de légitimité de son histoire. L’avenir de l’institution dépendra de sa capacité à prouver son impartialité face à des États qui la contestent de plus en plus ouvertement.
Alice-Ange Kolomonyi



